Une représentation des politiques encore inégalitaire
Grâce à une analyse de 21 portraits, l’institut de recherche et de formation, DécadréE, pointe du doigt les inégalités de représentations des politiciennes dans la presse romande.
«Ascension express de la muse du PS », « Celle qui rêvait de foot et de journalisme », « L’avocat des squatteurs arrive en ville » : à lire les titres de certains portraits des candidat-es au Conseil administratif de la Ville de Genève on est amené à se poser des questions. Les femmes seraient-elles encore et toujours ramenées à un registre de l’émotion et du rêve ? Elles inspirent et les hommes travaillent ? L’analyse semble se confirmer lors de la lecture du chapeau et du premier paragraphe. L’une est « jeune maman », l’autre est « un des plus fins connaisseurs des dossiers de la Ville », l’une a des « coups de sang », l’autre a une « connaissance de l’humain et de l’administration ».
Grâce à une analyse textuelle de 21 portraits représentant les candidat-es à l’élection du Conseil administratif de la Ville de Genève, DécadréE a pu pointer du doigt les inégalités de traitement dont les femmes font l’objet mais a aussi pu proposer des améliorations. Basé sur une analyse des champs lexicaux et des informations données, le rapport de DécadréE constate la forte présence du vocabulaire de l’émotion et de l’amour chez les femmes, doublé par une présence accrue de leur situation familiale. De l’autre côté, l’analyse de DécadréE permet aussi de noter une évolution quant à la mention de la profession des femmes. Une égalité tend également à se dessiner en ce qui concerne la description du physique qui apparait chez les hommes également.
«Ce que ce rapport révèle, ce sont les rôles, encore différents, attribués aux femmes et aux hommes, explique Valérie Vuille, directrice de DécadréE. Non seulement les femmes sont plus représentées à travers leurs émotions, mais plus encore elles gardent la charge de l’organisation familiale. On va ainsi toujours demander à une femme comment elle va s’organiser entre son travail, ses enfants et ses différents engagements et jamais à un homme ».
Une situation symptomatique d’une société encore inégalitaire, mais qui est exacerbée dans la presse. Médias et journalistes doivent ainsi continuer à se remettre en question et à déconstruire les stéréotypes genrés ancrés afin de proposer un contenu dénué des biais de genre et ainsi juste pour chacun et chacune.




