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Un nouveau prix récompense les campagnes de communication inclusives

Un nouveau prix récompense les campagnes de communication inclusives


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Lausanne, le 24 janvier 2023

DécadréE lance le prix de la communication inclusive en partenariat avec la Société romande de relations publiques et KS/CS Communication Suisse. Les inscriptions sont ouvertes dès le 25 janvier et les prix seront remis à la fin du printemps lors d’une cérémonie à Lausanne.

« Egalité, diversité, inclusivité sont des passages obligés en 2023 et le monde de la communication l’a bien compris. D’ailleurs, le public de plus en plus concerné et sensibilisé ne tarde jamais à tagguer une campagne sexiste et discriminante. Mais pour les agences comme pour les entreprises, prendre ce tournant n’est pas toujours chose aisée », déclare Valérie Vuille, directrice de décadréE.

Face à ce constat l’institut décadréE, coporteur du label Way to inclusivity avec Egalyca, a décidé de montrer l’autre visage de la com. Il s’allie à la Société romande de relations publiques et à KS/CS Communication Suisse pour lancer le prix de la communication inclusive. L’objectif : valoriser les organisations et les agences qui prennent le problème à bras le corps.
Ce prix sur postulation récompensera deux productions réalisées dans l’année. La première sera une campagne dont l’objectif principal est de faire la promotion de l’égalité. La seconde ne sera pas sur le thème de l’égalité en tant que tel, mais ne montrera pas de représentations sexistes ou discriminatoires.

Processus d’évaluation

Depuis 2020, l’institut de recherche et de formation et laboratoire d’idée sur l’égalité dans les médias, décadréE, travaille avec des professionnel-les de la communication et de l’égalité sur la thématique de la communication inclusive.

L’institut mis à profit cette expertise pour développer une grille d’analyse de 16 critères permettant de juger de manière neutre et objectif l’inclusivité d’une production. Cet outil permettra à l’équipe de décadréE de contrôler le caractère inclusif des campagnes inscrites.

Elle sélectionnera une dizaine de campagnes qui seront soumises à un jury de cinq personnes représentant décadréE, les associations professionnelles de la communication et des relations publiques, ainsi que des expertes de l’égalité et de l’inclusivité.

Les campagnes participantes doivent avoir été réalisées en Suisse et diffusées en Suisse entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2022.

Les inscriptions sont ouvertes du 25 janvier au 1er mars 2022 sur la page du Prix de la communication inclusive

Les prix seront remis lors d’une cérémonie à Lausanne, à la fin du printemps.

Contact
Valérie Vuille, directrice de décadréE
valerie.vuille@decadree.com

Candidates et médias: quels enjeux?

Candidates et médias: quels enjeux?


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Soirée de formation et de réseautage pour les candidates au Grand Conseil 2023

Être une femme ou une personne minorisée demande d’user de stratégies pour être écoutée et
entendue. Les risques de réactions négatives, telles le harcèlement, sont aussi plus élevés pour
les femmes.

Jeudi 16 février 2023
Genève

Un événement sur les enjeux et les freins lorsqu’on s’exprime publiquement proposé par le BPEV et l’Institut décadréE.

Pour en savoir plus et s’inscrire

L’image des femmes en couverture

L’image des femmes en couverture


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Décryptage

Dans la perspective des prochaines élections genevoises du Conseil d’état en 2023, décadréE propose une série de décryptages sur les représentations des femmes en politique dans les médias. Ce troisième décryptage analyse des couvertures photographiques de la presse pour dénicher les biais qui s’y cachent.

Quand les images parlent d’elles-mêmes

Comment nous illustrons-nous ? Et quels sont les biais de représentation dans les photographies ? La couverture de presse a un impact majeur sur les habitudes et les choix du lectorat. Il influence son comportement, comme les publicités, en proposant des images chocs, des titres racoleurs ou des teasers vendeurs.

« Vais-je acheter ce numéro ? » – « Tiens ! Ça parle d’un sujet familier qui m’intéresse » – « Wouha, faut absolument que je vois ça ! ».

Ces photographies, accompagnées de textes, façonnent nos représentations autant qu’elles en sont les produits. Elles contribuent malheureusement aussi à invisibiliser d’autres réalités en reflétant une norme et contribuent à reproduire des clichés (1).

Le désir pour les femmes et l’économie pour les hommes

Commençons le décryptage par le hors-série du magazine Bilan (2), un magazine économique de Suisse romande s’adressant à un lectorat grand public. Tout d’abord, les couvertures 2022 du magazine sont des illustrations graphiques où la photographie a peu de place, ce qui n’est pas le cas de son hors-série Luxe. Les couvertures s’approchent plus de celles des magazines féminins.

Et la presse féminine est connue pour être un relai des stéréotypes : les représentations des femmes qui y sont dépeintes sont principalement belles, blanches et riches. Sur l’image de gauche, il a le regard droit et fait face à l’objectif tandis que sur les images de droite, soit le regard ne se dirige pas vers l’objectif, soit le corps est sensualisé. Cela induit l’idée stéréotypée que les femmes sont des aguiches tandis que les hommes sont valorisés pour leur expertise. A moins qu’il ne s’agisse uniquement d’exciter le regard d’un lectorat présupposé masculin ?

DécadréE recommande de représenter chaque personne sans sexualisation abusive (corps dénudé, position lascive) et de prendre conscience de l’impact des images. Les corps, notamment féminins, n’agissent-ils pas uniquement comme faire-valoir ou comme aguiche ? La photographie met-elle en valeur professionnellement la personne représentée ?

Pour en revenir au magazine économique, les deux numéros de 2022 offrant une place à la photographie stigmatisent également les hommes et les femmes graphiquement.

Quand on regarde à la loupe ces images, sur la couverture de gauche, le trait de crayon bleu ébauche un biberon, un ananas et une couronne sur des portraits féminins, une grue de levage, un symbole de bitcoin et une toque de chef-fe sur les portraits masculins. Sur la couverture de droite, les femmes y sont légendées « stars » ou « investisseuses stars », les hommes, bien plus nombreux et variés, « avocats », « geeks à l’État », « hommes d’affaires », « crypto-anarchistes » ou « pionniers ». De quoi se poser des questions quant au rôle brillant des femmes dans l’économie illustré par Bilan cette année ; un bel exemple de stéréotype de genre en couverture, où les femmes ne sont pas considérées dans les sphères technologiques et économiques.

DécadréE recommande de visibiliser les femmes dans tous les domaines. Lorsqu’elles sont nommées et visibilisées, les femmes sont souvent interrogées dans les domaines perçus comme typiquement féminin. Est-ce que les poses photographiques renvoient les personnes à leurs genre ? Est-ce que les femmes y sont sexualisées ou est-ce qu’elles illustrent leur compétence ou leur métier ?

Le plaisir des yeux

L’illustré(3), hebdomadaire romand, porte très bien son nom car il narre l’actualité en image. Presque toutes les couvertures illustrent des individus et un grand nombre portrait une ou plusieurs personnalités. Ces derniers mois et dans son ensemble, les femmes y sont bien représentées et les couvertures reflètent l’actualité. Mais pas seulement… Le 6e projet mondial de monitoring des médias rappelle qu’en 2020 les femmes sont encore largement objectifiées dans les médias que « les images les représentant ne sont incluses que pour attirer l’attention des lecteurs »(4).

Quand on s’attardent plus longuement sur les images, il est aisé de voire que malheureusement, de nombreux biais y figurent. Déjà en 2020, le rapport de recherche de décadréE sur les représentations genrées des politiques dans les médias dénonçait que les politiciennes étaient ramenées dès les premières lignes au registre de la famille et de l’émotion. « Dans 80% des articles représentant des femmes, on connaît la situation familiale de la politique, contre 36% des articles décrivant des hommes». « Lorsque la situation familiale des hommes est révélée, il s’agit d’une source de valorisation, voire un programme politique »(5).

Et les couvertures de l’Illustré, soulignent-elles les même biais ? Ici oui, renforcées par les titres et légendes, qui changent la lecture de l’image et apportent des informations orientées par le genre.

Côté féminin, tantôt on s’appuie sur leur rôle de mère pour Marie Robert et Christa Rigozzi, tantôt on la photographie avec le mari, dans le cadre privé. C’est le cas de Karin Keller-Sutter. Côté masculin, même quand la photographie reprend les codes de la mode, on n’oublie pas l’accessoire métier (le ballon) du footballeur Johan Djourou. L’hommage de la carrière sportive de Roger Federer (60 pages, médaillon doré et mention d’un numéro collector) est visuellement largement mieux honoré à ceux -posthumes- de la reine Elisabeth II (deux numéros mais pas de médaillon ni de mention collector) ou de l’icône médiatique Diana Spencer (20 pages).

Concernant les poses proposées, elles sont également stéréotypées, les hommes tantôt sérieux tantôt souriants sont contextualisés par leur expertise avec aplomb. Le choix des photos des femmes les revoie quasi systématiquement à leur féminité : sensualité capillaire, mains et regards délicats et même une pose érotisée et fantasmée pour Marilyn Monroe.

DécadréE recommande de choisir des photographies où les femmes sont invitées à prendre une pose assurée et représentative de leur responsabilité. Le regard de côté, la bouche ouverte, les mains délicatement posées sont autant de signes renvoyant à la douceur et à la féminité.

Et les femmes politiques ?

Les images, photographies et autres types d’illustration reflètent les même biais que les articles et titres. A cela s’ajoute malheureusement l’effet vendeur recherché par l’illustration d’un corps féminin. Les couvertures sont bien évidemment sujettes à ces biais, aussi lorsqu’il s’agit de visibiliser les femmes politiques.

Quand les médias ne critiquent pas inutilement les tenues, l’âge et les émotions des politiciennes, ils savent parfois être une tribune indispensable de leur carrière.

Et vous, que pensez-vous des couvertures suivantes ? Et pour allez un peu plus loin, n’hésitez pas à faire notre quiz.

NOTES

(1) Recherche-action décadréE, Genre et publicité en Ville de Genève, 2020.

(2) Magazine Bilan.

(3) Magazine l’Illustré.

(4) GMMP, 6e Projet mondial de monitorage des médias, 2020.

(5) Études décadréE, Genre et politique, représentation dans les médias, mars 2020.

Égalité et médias

En route vers l’égalité

Pour encourager un débat équilibré autour des candidatures

L’institut décadréE mène le projet de sensibilisation « En route vers l’égalité » et s’engage pour accompagner la construction d’une presse plus égalitaire.

Le canton de Vaud a élu son nouveau Conseil d’État au printemps 2022. Genève s’apprête à en faire autant en 2023 tandis que le Parlement élit deux nouveaux membres du Conseil fédéral le 7 décembre prochain.

Le projet de décadréE « En route vers l’égalité » propose une prise en charge globale des questions de représentations de genre dans les médias en agissant sur tous les contenus. Des actions de sensibilisation sont ainsi prévues auprès des médias et des journalistes, des candidates et des partis politiques mais aussi auprès du grand public grâce aux décryptages publiés sur notre site web.

Ateliers de sensibilisation à l’attention des candidates

En ayant conscience des biais pouvant être présents dans la presse et en agissant de manière pro-active, vous pouvez avoir un pouvoir d’action !

Dans le cadre du projet « En route vers l’égalité », décadréE vous propose un workshop de sensibilisation d’environ une heure sur les enjeux de prise de parole publique par les femmes.

Vous êtes candidates aux prochaines élections ? Vous allez devoir parler aux médias et nous vous proposons alors des outils concrets.

  •     Comprendre concrètement les biais de genre des médias et y faire face
  •     Connaître les risques d’une prise de parole publique
  •     Dénoncer les commentaires toxiques et discours haineux

Cet atelier est possible avec le soutien du Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences du Canton de Genève.

Atelier sur demande
Environ 1h00 aurelie.hofer@decadree.com

Lunch média

Médiatisation des politiques

Les médias détiennent un rôle prépondérant dans le choix de candidates et candidats. Les élections cantonales genevoises s’organisent et des candidatures pour le conseil fédéral se profilent également.

Comment garder un regard critique sur les enjeux de parité en politique sans reproduire les biais et discriminations de genre ?

Lors de ce lunch média, nous vous proposons de discuter des biais d’écriture mais également des discours toxiques et de haine que subissent certaines femmes politiques.

En collaboration avec Stop hate speech et avec le soutien du Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences du canton de Genève.

En savoir plus

Mardi 7 février 2023
12h30-14h00 On line

Média training

Parler aux médias en confiance

Que se passe-t-il dans votre tête lorsque vous devez prendre la parole  en public ou dans les médias ? Vous est-il déjà arrivé de refuser une intervention par crainte ou convaincue que vous n’étiez pas  légitime ?  Et si nous travaillons ensemble pour que vous gagnez en assurance ?

En savoir plus

Samedis 4 et 18 février 2023
9h00 à 17h00 Genève

Soutenez décadréE, offrez-vous un carnet de notes

Soutenez décadréE, offrez-vous un carnet de notes

En novembre, commandez votre carnet de notes. Les frais de port sont offerts jusqu’au 10 décembre. Une occasion de nous soutenir tout en joignant l’utile à l’agréable.

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Pour les commandes, c’est par ici !

Le mot de l'illustratrice
Avec cette illustration, j’ai voulu transmettre une réalité en Suisse : des personnes de tous âges, couleurs de peau, corpulences et j’en passe. À vous de vous imaginer ce que ces familles et groupes d’ami-e-s peuvent bien se dire entre elleux ! Elisabeth M

Femmes, espace public et politique

Femmes, espace public et politique

Décryptage

Dans la perspective des prochaines élections genevoises du Conseil d’état en 2023, décadréE propose une série de décryptages sur les représentations des femmes en politique dans les médias. Ce deuxième décryptage ne se concentre pas sur les biais d’écriture à proprement dit sinon sur l’euphémisation, voire la négation, du sexisme. L’effet ? Le sexisme en devient d’autant plus banalisé. Analysons pour cela le cas de la médiatisation d’une réaction sexiste, soit le refus de la féminisation du nom d’une rue.

Les femmes, grandes absentes de l’espace médiatique public

Les chiffres sont là. Les femmes ne sont mentionnées dans les médias qu’à hauteur de 28%, c’est dire si elles ne monopolisent pas l’espace médiatique. Même pas un article sur trois. Et si on y regarde de plus près, seuls 5% des contenus contribuent à remettre en question les stéréotypes (1).

Pour faire évoluer les idées, pour changer nos manières de penser, nos références doivent aussi évoluer. En d’autres termes, si nous sommes quotidiennement martelé-es de représentations sexistes ou inégalitaires, il est difficile de se remettre en question.

Voilà pourquoi les médias ont un rôle à jouer en défiant les stéréotypes, en traitant de manière égalitaire les personnes sur le papier, ou bien encore en questionnant les manifestations de sexisme.

Timide questionnement de l’absence, le cas de l’espace public

Récemment, Femina consacre un article sur les statues publiques et conclue que non seulement 90% des statues représentent des hommes mais aussi que les rares représentations féminines, bien souvent anonymes ou symboliques, sont dénudées (2).

Quant à nommer les avenues, selon la RTS, seules 5 à 7% des rues honorent des femmes en Suisse romande en 2019 (3). L’année suivante, Le Temps rapporte que « le législatif de la capitale valaisanne a refusé un postulat demandant d’augmenter le nombre de rues portant le nom d’une femme » (4). Conclusion, les femmes sont peu visibilisées sur les édifices des espaces publics et les médias remettent rarement en question cette invisibilisation, bien que l’information soit relayée.

Accès toujours refusé, l’exemple de la rue Julia-CHAMOREL

Tout le monde s’accorderait volontiers aujourd’hui sur le principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Alors pourquoi tant de réticence à mettre en valeur des femmes dans les noms de rue ? Des habitant-es de quartiers concernés s’opposent parfois à ces changements de noms. C’est le cas au quartier genevois des Grottes, où la Rue du Midi se nomme désormais Rue Julia-CHAMOREL. La Tribune de Genève accorde au passage une Encre bleue (5) illustrant cette action militante sexiste par des photographies explicites. Malheureusement, sans aucun questionnement des stéréotypes véhiculés par le remplacement du nom de la rue par les opposant-es à la féminisation. Le résultat, l’action sexiste est légitimée.

Nous allons décrypter ce traitement médiatique. Rappelons d’abord que seuls 5% des contenus remettent en question les stéréotypes et que moins d’une rue sur 10 porte le nom d’une femme.

DécardéE recommande d’avoir conscience de l’importance des médias dans la construction des représentations. Ne pas hésitez à discuter avec des personnes expertes pour éviter de reproduire des stéréotypes ou de les relayer sans les questionner.

Lorsqu’elles sont nommées et visibilisées, les femmes sont renvoyées à leur rôle féminin (6). Dans cette manifestation d’opposition au changement de nom, de fausses plaques ont tapissé celles de la rue Julia-CHAMOREL. Sous couvert d’humour –une manifestation de sexisme comme nous le verrons plus bas- les femmes n’ont pas leur place dans la rue. « Katja Strov », « Aretha Connery », « Kim Fonchiez », ou encore « Théa Loueste » peut-on lire dans le billet. Elles sont « journaliste », « chanteuse », « mondialiste » et « politicienne », notant bien qu’elles n’ont rien à faire ni dans ces métiers, ni dans la rue. Dans ce cas, au lieu de leur attribuer des fonctions dites « féminines », elles sont ridiculisées.

DécardéE recommande de ne pas relayer des informations décrédibilisant une partie de la population sans questionner cette même pratique. Parler du sexisme pour décrypter le phénomène et le comprendre est essentiel !

Regrettons que l’humeur n’était pas au questionnement des stéréotypes sexistes véhiculés dans cette encre bleue. Notons aussi que 28% des articles de presse contiennent des éléments excusant les auteurs de violence sexiste (7), qui ont ici le « goût du jeu de mots ». L’humour invoqué dès le chapô excuse une action qui délégitime les femmes :

  1. dans l’espace public, elles n’ont rien à y dire ;
  2. à différentes fonctions sociales, elles sont décrédibilisées professionnellement ;
  3. en qualité d’actrices historiques, elles n’ont pas à recevoir l’honneur de nommer une rue.
DécadréE recommande de faire attention aux biais et aux clichés dans le vocabulaire utilisé. De la répétition de ces mots et de l’association des champs lexicaux naissent des idées et des émotions contribuant à la représentation sexiste des femmes et des hommes. Leur mise en évidence les accentue doublement et rend l’information extraordinaire.

Il arrive que, sous couvert de transmettre une information partiale, les phénomènes discriminants ne soient pas éclairés correctement et que les contenus médiatiques soulignent et reproduisent une forme de discrimination. Les représentations influencent le lectorat, surtout si elles sont répétées. Le sexisme étant largement banalisé dans les discours et les contenus, il est important que les rédactions se forment pour construire une presse plus égalitaire. Enfin, pour en savoir plus sur la rue Julia-CHAMOREL, rendez-vous sur la page qui lui est consacrée.

Découvrir Julia Chamorel

NOTES

(1) GMMP Global Media Monitoring Project 2020, Suisse, Résumé analytique.

(2) « Les statues publiques sont-elles sexistes? », Femina, 13.06.2022

(3) « Dans les rues de Sion, où sont les femmes? », Le Temps, 02.03.2020

(4) « Seules 7,1% des rues portant le nom de personnalités honorent les femmes », RTS, 21.03.2019

(5) « Midi fait de la résistance », Tribune de Genève, 15.10.2022

(6) Études décadréE, Genre et politique, 2020.

(7) Étude décadréE, Traitement médiatique des violences sexistes, rapport 2020.

Violences sexistes de la fiction à la réalité

Violences sexistes de la fiction à la réalité

Exposition

Dans l’histoire de Camille, il n’y a rien de vrai. Pourtant, elle illustre bien mieux la réalité des violences sexistes que certains articles de presse. Pourquoi, Camille, le personnage principal de la BD le Seuil de Fanny Vella permet-il mieux d’aborder la réalité des violences? Quels sont les mythes, les idées reçues qui se cachent dans la presse et circulent dans nos discours?

L’exposition « violences sexistes de la fiction à la réalité » invite à se questionner sur la réalité des violences sexistes pour mieux l’appréhender et la prévenir.

Evénement en partenariat avec La Bise.

Informations pratiques
Du 25 novembre au 10 décembre 2022 Lundi au vendredi, 9h00 à17h00 Der Ort/Le Lieu, Marktgasse 34, Biel/Bienne
Soirée de clôture le 7 décembre 2022 à 18h30 en présence de la Bise et décadréE

Cette exposition est organisée dans le cadre de la campagne biennoise des 16 jours contre les violences faites aux femmes.

Femmes, médias et politique

Femmes, médias et politique

Décryptage

Dans la perspective des prochaines élections genevoises du Conseil d’état en 2023, décadréE propose une série de décryptages sur les représentations des femmes en politique dans les médias.

Deux portraits, un traitement médiatique orienté par le genre

Le choix des mots et des images crée un discours particulier et appuie la narration. Toutefois, la récurrence de biais dans les portraits de femmes crée des inégalités de traitement. Au début de l’été, la Tribune de Genève dessine le portrait de deux maires de communes genevoises. Deux parcours, deux personnalités, deux communes.

Ces portraits ont été choisis pour leurs similitudes : deux portraits de personnes politiques genevoises élues à la fonction de maire, deux publications proches dans le temps. De plus, un effet d’exceptionnalité est mis en avant dans les deux articles.

Comme vous l’aurez deviné, l’une des personnes portraiturées est un homme, maire de Thônex, l’autre une femme, maire du Grand-Saconnex.

Décryptons si des biais sexistes orientent la lecture selon le genre du sujet.

Seules les femmes politiques sont tiraillées entre le travail et la vie privée

La thématique de conciliation des vies n’est quasiment jamais abordée pour les hommes, rappelant bien que le rôle d’assumer les charges domestiques reste assigné aux femmes. Dans la presse suisse, le statut familial des femmes est mentionné presque 3 fois plus que pour les hommes (1). Souvent elles sont renvoyées à leur rôle de mère, d’épouse ou de compagne remettant en question (directement ou indirectement) leur légitimité à travailler à l’extérieur du foyer.

Côté vie privée, nous découvrons que seule celle de la maire est mentionnée : de son compagnon à la difficulté à concilier les vies, des thèmes récurrents dans les portraits de femmes. Voici le tableau de comparaison des mots-clés ou phrases clés décrivant les deux personnalités politiques : la description physique et la mention de la vie privée sont absentes du portrait masculin.

Tableau des mots-clés

Portrait masculin Portrait féminin
Descriptif de la personnalité Avec humilité
Sans plan de carrière
Volonté de s’engager
Volonté de mettre son énergie au service de sa commune
Ambition de « bien faire »
Sans ambition politique
Optimiste
 

Descriptif physique

 

/

 

Discret piercing à l’arcade

 

Vie privée

 

/

 

« Chéri »
En escapade avec son compagnon
Réorganiser son temps de travail, mettre entre parenthèses son activité d’enseignante
Les plages libres pour les loisirs ont diminué

DécadréE recommande d’éviter de mentionner la situation familiale des femmes. Si la mention est nécessaire, les thématiques métiers ou d’expertise professionnelle sont-elles invisibilisées ?

Une expertise professionnelle diluée ou renforcée selon le genre

Autre trace de sexisme ordinaire dans le cadrage médiatique : on décrit les accomplissements des femmes par des verbes de médiation ou avec des auxiliaires au passif, tandis que ceux des hommes sont décrits avec des verbes actifs et offensifs (2). Lorsqu’une femme prend un poste à responsabilité, on focalise sur son genre et non sur ses compétences. Invisibilisées, seuls 28% des personnes mentionnées dans les médias sont des femmes (3).

Par exemple, leur parcours ascensionnel n’est pas décrit de la même manière : d’un côté, il est acteur de ses accomplissements, les verbes utilisés pour décrire son parcours reflétant l’action. De l’autre, sa carrière politique la guide, les verbes utilisés reflétant une passivité. A cela s’ajoute un mentor paternel qui l’inspire, tandis qu’il s’est construit une carrière par sa propre « volonté de s’engager ».

Tableau d’analyse lexical

Portrait masculin Portrait féminin
Adversités Frilosité parentale
Origine familiale modeste
Âge
Genre
Maladie
 

Accomplissements

 

 

Prend les rênes
Gravit les échelons à vitesse grand V
Travaille depuis ses 15 ans
Obtient les dicastères qu’il voulait
Le développement du service sociale, […] de 2 à 6 collaborateurs sous son ère
Finit son master
Ne passe pas une semaine sans rencontrer des gens
Prouve que « même un segundo peut se faire appeler monsieur le maire »

 

Prend la tête
Est devenue maire
A baigné dans la politique depuis l’enfance
Met un pied au Collège
Passer huit mois en Angleterre dans un établissement de culture générale
Sa maîtrise et son talent sont récompensés par un prix au concours national
A décroché son brevet
Compte bien essayer de continuer à caser tout cela dans son agenda

DécadréE recommande de ne pas essentialiser l’expertise des femmes et des hommes et de prendre en compte la pluralité des domaines de compétences. Est-ce que l’article évite les stéréotypes de genre (associer les hommes avec un vocabulaire actif, les femmes avec un vocabulaire passif) ? Est-ce que la féminité est le focus central de l’article interrogeant une femme ?

Extraordinaire

Le choix des mots, notamment dans les titres, chapôs et mises en exergue des articles, a un impact particulier et guide la lecture. Leur mise en évidence par des superlatifs (le ou la plus jeune), par exemple, ou d’adjectifs numéraux (premier, deuxième…) construit un effet d’exceptionnalité réel ou supposé. Présent dans les deux articles, l’effet d’exceptionnalité ne se focalise pourtant pas de la même manière. L’effet de la maire du Grand-Saconnex souligne surtout son genre (7 occurrences) incluant une fois son âge. Concernant le maire de Thônex, seul son âge est souligné (2 occurrences). Globalement, les deux sont les plus jeunes mais ne jouent pas dans la même catégorie. Il y a la catégorie des maires de Genève et celle des femmes maires de Genève.

Par ailleurs, qu’elles soient patronnes de grandes entreprises ou entrepreneuses à leurs débuts, les femmes semblent renvoyées à une forme d’« éternelle jeunesse » professionnelle, quel que soit leur âge (4). Rappelons que le physique des femmes est plus souvent décrit et leur tenue commentée, ainsi que le montre le premier tableau. Par les médias, une femme sur deux est décrite physiquement pour moins de 1 sur 3 hommes (5). La description du physique comprend également l’âge, ou plutôt la jeunesse, des portraiturées.

Tableau du champs lexical de la jeunesse

Portrait masculin Portrait féminin
Effet d’exceptionnalité

 

2 mentions : le plus jeune maire (titre et 1er paragraphe) 7 mentions : la première maître ferblantière (2x), la seule maître ferblantière, la plus jeune femme, seule fille sur 30 élèves (2x), la première apprentie
 

Jeunesse

 

 

5 occurrences « jeune- »
6 mentions de l’âge ou comparaison des (in)expériences

 

3 occurrences « jeune- »
6 mentions de l’âge ou comparaison des (in)expériences

 

Mentor

 

Emmené par son ami (aujourd’hui député)

 

L’amour de l’engagement qu’elle partage avec son père
Elle a choisi la même profession
Elle fera comme « papa »

 

La jeunesse, associée à l’inexpérience, est mentionnée deux fois pour la maire du Grand-Saconnex. Concernant le maire de Thônex, l’article titre sur sa jeunesse : associée également à l’inexpérience, elle est mentionnée trois fois. Or, la présence de mentor contribue à créer une sorte d’illégitimité ou d’inexpérience et est présente que chez le portrait féminin.

Lors d’une carrière, la présence de figure fondatrice, inspirante ou adjuvante revient souvent. Presque systématiquement des hommes, la présence de ces figures sont presque indispensables lors de carrière féminine. La personne inspirante pour le maire est à peine évoquée. Pour la maire, il s’agit de la figure paternelle, qui la guide tant en politique que pour son choix professionnel. De plus, la reprise du terme familier issu du langage enfantin « papa » renforce les liens d’autorité à la lecture.

DécadréE recommande d’éviter les biais de genre dans l’écriture et d’utiliser un vocabulaire neutre ainsi que d’éviter de comparer les femmes avec les membres masculin de la famille et de ne pas l’utiliser afin d’interroger leur légitimité à prendre un poste de pouvoir.

Au delà de ces différences, ces stéréotypes sexistes induisent au lectorat une interprétation bien distincte de l’expérience et des compétences selon le genre de la personne portraiturée. Le choix des verbes, des images, des mots traitent différemment les personnes. Les femmes n’étant encore que peu présentes dans les médias, il est important d’éviter ces biais afin que leur parcours ne soit pas invisibilisé au travers de leur prétendue féminité mais bien qu’elles soient légitimes et leur compétence et expérience mises en avant.

NOTES

(1) GMMP Global Media Monitoring Project 2020, Suisse, Résumé analytique.

(2) Étude Mots-Clés pour SISTA x Mirova Forward sur le traitement médiatique des entrepreneuses et dirigeantes, mars 2022.

(3) GMMP, op. cit.

(4) Étude Mots-Clés, op. cit.

(5) Études décadréE, Genre et politique, représentation dans les médias, mars 2020.

Brisons le silence !

Brisons le silence !

7 court-métrage mêlant art et témoignage révèlent la diversité des violences au sein du couple bien souvent invisibles.

Lors de la Journée internationale pour l’élimination des violences sexistes, l’événement Brisons le silence ! propose d’ouvrir le dialogue à travers une série d’interventions de professionnel-les appuyées par les témoignages des vidéos Brisons le silence.

Intervenantes:

Béatrice Cortellini, AVVEC

Megane Lederrey, ODAE romand

Stéphanie de Moerloose, Viol-secours

Modération: Valérie Vuille, décadréE

Vendredi 25 novembre
dès 18h30 RTS, quai Ernest-Ansermet 20 Cinéma Michel Soutter 1205 Genève

Site du projet : www.brisonslesilence.ch

Evénement organisé en partenariat avec les Créatives et Nous production dans le cadre de la Campagne « Objectif zéro sexisme dans ma Ville » de la Ville de Genève, en partenariat avec le service Agenda 21-Ville durable de la Ville de Genève, le Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences du canton de Genève et la RTS.

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