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Dans le monde et en Suisse, les médias abordent les violences sexistes sans perspective systémique

Dans le monde et en Suisse, les médias abordent les violences sexistes sans perspective systémique


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La couverture médiatique des violences sexistes continue à être empreinte de biais et de stéréotypes, c’est la conclusion principale du rapport The Global Misogyny News Coverage Trackers publié par l’organisation AKAS à Londres. Décryptage et comparaison. 

La couverture médiatique mondiale des violences envers les femmes est insatisfaisante. C’est la conclusion principale du rapport The Global Misogyny News Coverage Trackers de l’organisation AKAS. Le rapport prend en compte les médias anglophones dans le monde et analyse entre 2017 et 2025 plus de 1.14 billions d’articles à travers 5 méthodes différentes. 

Principales conclusions

Le rapport constate tout d’abord à travers une analyse quantitative un déficit de la couverture des violences envers les femmes. En effet, en moyenne seulement 1.6% des articles mondiaux parlent de violences envers les femmes. Il s’agit d’un grain de sable par rapport à leur proportion réelle. En effet, le rapport rappelle qu’une femme sur 9 a subi de la violence de la part d’un homme dans les 12 derniers mois. Pire encore, cette couverture médiatique diminue puisque 2025 est l’année comptant le moins d’articles sur la question, avec uniquement 1.3% des articles totaux. 

En parallèle, l’occurence des termes «gender ideology», concept développé par les mouvements «anti-genre», augmente significativement entre 2020 et 2025. «L’idéologie du genre» n’est pas une réelle théorie scientifique mais un mouvement politique religio-conservateur. Cette rhétorique est utilisé pour lutter contre les avancées sociétales comme l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences de genre. Son utilisation croissante montre donc la remise en question des droits acquis.

A travers une analyse qualitative des 22 articles les plus partagés, l’étude constate un manque global de perspectivessystémiques et structurelles. En effet, les articles relatent fréquemment un incident isolé, et seulement 27% des articles y apportent une perspective systémique. 18% seulement mentionnent des statistiques et 14% mentionnent des ressources d’aides. 

L’étude note également que la plupart des expertises et autorités (voice of authority) mentionnées dans les articles sont masculines. Les femmes sont quant à elle reléguées au statut de victimes et de témoins. Un constat qui fait écho aux Global Media Monitoring Project’s étudiant tous les 5 ans la présence des femmes dans les médias. Le dernier GMMP (2025)  avancait notamment qu’uniquement 23% des expertises rapportées par les médias (TV, radio, écrit) sont portées par des femmes.

Le traitement médiatique en Suisse romande 

En 2020 puis en 2023, décadréE publiait une étude similaire abordant la couverture médiatique des violences en Suisse romande. 

Loin de sortir de la norme, les médias suisses romands couvrent les violences sexistes avec les mêmes biais. En effet, selon notre analyse seulement 25% des articles contenaient une perspective systémique et 19% des articles mentionnaient des statistiques. Plus encore, seulement 14% des articles mentionnaient des ressources d’aide.  

Les chiffres se recoupent ainsi et montrent que le problème de la couverture médiatique des violences est mondiale. 

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