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Femmes: le combat permanent?

Femmes: le combat permanent?

Débat mercredi 3 février #RTSInfrarouge

Le 7 février 1971, les Suissesses obtenaient le droit de vote.

Cinquante ans plus tard, cela implique quoi, « d’être une femme »? Est-ce plus simple ou les injonctions de compétence, d’intelligence, de beauté, etc. sont plus lourdes?

Femmes, le combat permanent? C’est le débat mercredi 3 février #RTSInfrarouge

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Analyse – Le poids des images

Le poids des images

Analyse

 

Choisir une image pour illustrer un sujet se rapportant aux violences sexistes est souvent un casse-tête. Dans certains cas, il faut faire avec les images présentes dans les bases de données, dans d’autres il faut illustrer l’invisible, la violence psychologique ou économique.

Bien choisir une image est pourtant essentiel. Une image trop réductrice peut biaiser l’imaginaire des lecteurs et lectrices, convoquer de fausses idées et réduire considérablement l’impact d’un article sensibilisant pourtant aux violences.

Mais qu’est-ce qu’est une bonne image de violence ? La réponse n’est ni unique ni simple.

Nous vous proposons ici 3 analyses d’image qui vous permettront d’aiguiser votre regard et vos choix.

#bonnepratique – montrer la violence physique par ces marques 

Une image peut choquer sans être sensationnaliste. C’est le cas ici par ce choix de l’Illustrer. Le magazine illustre la violence conjugale par les marques qu’ils restent. Les lunettes cassées, l’atèle au poignet sont des témoignages des violences physiques. Cette démarche permet de marquer et de montrer la récurrence des violences tout en préservant l’anonymat de la victime.

Petit bémol, elle montre uniquement la violence physique et non les autres formes.

Lien vers l’article

 

#bémol  – De la violence économique à la violence physique

Comment montrer l’invisible, comme la violence psychologique ou économique. La démarche est délicate et malheureusement ici Femina tombe dans le piège de la simplicité en choisissant de contourner le problème. Pour illustrer un très bon article sur la violence économique, le magazine choisit de montrer des armes et des personnages se confrontant dans l’édition papier de l’article. Un choix qui tend à réduire la violence conjugale à la violence physique.

Lien vers l’article

 

#mauvaise pratique – De la violence à l’amour

Un article parle d’emprise, de relation de pouvoir et de violence, il est pourtant illustré par une image humoristique avec un lit rose aux coussins en forme de cœur. Le choix de l’image dans cet article du 24 heures est loin de servir le propos et la sensibilisation aux violences sexistes. Au contraire, cette image mêle violence et amour. Elle minimise, voire romantise le propos et ainsi diffuse de nombreuses idées reçues.

Lien vers l’article

 

Au fil des âges

Au fil des âges : le féminisme

Retour sur l’émission Forum du 29 décembre avec Ruth Dreifuss, Brigitte Studer et Valérie Vuille

Alors que la Suisse fêtera les 50 ans du droit de vote et d’éligibilité des femmes en 2021, comment ce mouvement pour l’égalité entre hommes et femmes dans la société a-t-il évolué au cours des dernières décennies et avec quelles différences ou continuités?

Trois invitées en débattent: Ruth Dreifuss, première présidente de la Confédération en 1998, Valérie Vuille, directrice de DécadrEe, un laboratoire d’idées féministes qui travaille notamment sur la question de l’égalité de genre dans les médias et Brigitte Studer, historienne et spécialiste des mouvements sociaux et du féminisme en particulier.

Voir l’émission

« Plombier le seul le vrai »

« Plombier le seul le vrai »

En décembre 2020, des partenaires de DécadréE nous ont transmis une publicité vue dans l’espace public qui les interpellait. Nous l’avons jugé sexiste et nous avons alors décidé de porter plainte auprès de la commission suisse pour la loyauté, car nous pensions qu’elle était contraire à la règle n°B.8 portant sur les discriminations basées sur le genre. Une réponse positive nous ait parvenue en février. La publicité est jugée contraire à la règle n°B.8 et l’entreprise est priée de ne plus utiliser le visuel.

Voici notre argumentaire: 

Cette image publicitaire, sur un véhicule, est contraire aux règles de la loyauté, particulièrement la règle B.8 qui évalue les communications commerciales sexuellement discriminatoire.

En effet, une moitié de corps de femme est représenté. Habillée d’une courte jupe, les jambes sont dénudées et les pieds sont chaussés de talons aiguilles. Une tenue inadéquate pour faire de la plomberie, qui met en avant que cette femme est représentée uniquement pour sa plastique, dans une fonction décorative servant à attirer le regard. Elle est d’ailleurs à quatre pattes, l’accent étant alors mis sur ses fesses et ses jambes dénudées et non pas sur des tuyaux de plomberie (non présents sur l’image). Cette aguiche est contraire à la règle B.8, alinéa 2, point 5.

De plus, les mots inscrits à côté « Plombier le seul le vrai », au masculin alors que sur l’image une femme est présente, insinuent que les femmes ne peuvent pas faire de la plomberie, ce qui est irrespectueux. Cela renforce les stéréotypes de genre, ce qui est contraire à la règle B.8, alinéa 2, point 1.

Si vous trouvez une publicité sexiste, vous pouvez en apprendre plus sur comment agir ici.

Rapport d’activité 2020

Rapport d’activité 2020

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Journalista, réseau romand pour l’égalité dans les médias

Journalista, réseau romand pour l’égalité dans les médias

Communiqué de presse: Information sous embargo jusqu’au 9 décembre à 10h

 Un journalisme sans biais de genre et des rédactions respectueuses de chaque personne: c’est ce que souhaite Journalista, nouveau réseau romand pour l’égalité dans les médias. Le 11 décembre prochain, une séance informative permettra aux intéressées de nous rejoindre.

 Harcèlements au sein des rédactions, discriminations salariales, traitement des actualités inégalitaires, les médias ne font pas office de bon élève lorsque l’on parle d’égalité. Mais la société est-elle inégalitaire à cause des médias ou les médias sont-ils inégalitaires à cause de la société?

Face à ces constats, un groupe de neuf journalistes, expertes en médias ou en questions de genre planchent depuis le début de l’année sur la création d’un nouveau réseau romand: Journalista.

Né de la rencontre de ces neuf femmes dans le cadre d’activités de l’association DécadréE, le réseau a pour but de proposer un journalisme sans biais de genre. Il souhaite également trouver des solutions pour que les rédactions s’inscrivent dans une dynamique collective respectueuse de chaque personne.

Journalista s’adresse aux journaliste-x-s dans le domaine ainsi qu’aux étudiante-x-s. Nous choisissons la non-mixité afin d’offrir un espace de dialogue et des outils concentrés sur le besoin et le vécu des femmes et des minorités. Nous sommes cependant persuadé-e-x-s que l’égalité se construit dans l’inclusion de chaque personne.

Des chiffres accablants

Les affaires de harcèlements qui secouent la RTS puis la déferlante de témoignages sur le compte Instagram #Swissmediatoo nous ont confortées dans la nécessité de lancer le réseau rapidement afin de trouver ensemble de nouveaux chemins vers l’égalité.

  • Les femmes ne sont que 24% des personnes entendues à la radio, citées dans la presse écrite et vues à la télévision[1] en Suisse et dans le monde. Tant que ce chiffre n’atteindra pas les 50%, estimera que les médias ne représentent pas la réalité.

 

  • La prédominance des hommes dans l’élaboration et la couverture de l’agenda de l’information persiste, malgré le fait que, dans la plupart des 11 pays étudiés, les femmes représentent près de la moitié du nombre de journalistes. [2] En Europe également, les femmes représentent 44% des salarié-e-x-s et seulement 25% des postes dirigeants. Journalista se bat pour que la parité soit atteinte à tous les échelons.

 

  • Si aucune étude détaillée n’existe sur le monde des médias, l’écart salarial entre les femmes et les hommes dans le secteur public et privé ensemble était encore de 11,5% en 2018[4] en Suisse. Journalista se bat pour l’équité salariale.

 

  • 50% des journalistes féminines ont déjà été harcelées sur leur lieu de travail. Journalista combat toute forme de harcèlement en entreprise.

 

  • En 2015, seuls 5% des reportages abordaient la question de l’égalité entre les femmes et les hommes et 3% remettaient en cause les stéréotypes de genre[6]. Journalista combat la banalisation de la violence faite aux femmes dans les médias et souhaite renforcer la formation et la sensibilisation au sein de la profession.

 

Pour que ça change!

Le réseau propose des espaces de dialogues informels aux membres, leur met à disposition des outils et des informations, organise des formations sur la thématique de l’égalité à destination du réseau et des journalistes et met en place un espace de mentorat et d’échanges pour aider et promouvoir les jeunes journalistes.

Intéressées à nous rejoindre ou simplement à en savoir un peu plus? Il vous suffit de vous connecter à notre prochaine séance virtuelle mensuelle, le 11 décembre prochain entre 12h et 14h. Ecrivez-nous un email à info@journalista.ch.

 

Les fondatrices,

Valérie Vuille, Julie Bianchin, Jade Albasini, Laure Gabus, Delphine Sage, Alice Randegger, Pauline Vrolixs, Vicky Huguelet et Lynn Bertholet.

 

Site internet: www.journalista.ch

 

Contacts:

Vicky Huguelet, porte-parole de Journalista : +41 79 659 30 63 / v.huguelet@bluewin.ch

Valérie Vuille, directrice de DécadréE , +4176 567 03 23 / valerie.vuille@decadree.com

Julie Bianchin, responsable des réseaux sociaux :  j.bianchin27@gmail.com

[1] Projet mondial de monitorage des médias, 2015.

[2] Etude de l’Observatoire européen du journalisme, 2018.

[3] Rapport de l’Union européenne de radio-télévision, 2019.

[4] Office fédéral de la statistique, 2018.

[5] Sondage de Tamedia auprès de journalistes suisses, 2019 Une enquête menée par la Fédération internationale des journalistes  en 2017 arrive au même résultat.

[6] Rapport de la commission pour l’égalité de genre et du comité directeur sur les médias et la société de l’information du Conseil de l’Europe, 2020.

Prix décadréE 2020 contre la culture du viol

Prix décadréE 2020 contre la culture du viol


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Deux prix pour récompenser le traitement médiatique adéquat des violences sexistes

Un regard neutre et objectif et une enquête bien menée participent à briser la culture du viol et à sensibiliser la population. Avec ces prix, nous voulons prouver qu’un traitement médiatique adéquat des violences sexistes est possible et qu’il va de paire avec un journalisme de qualité.

Rédaction

Le Prix « rédaction » récompense une rédaction pour ces efforts pour l’égalité et le bon traitement des violences sexistes dans son entier, car nous savons qu’un article est un travail d’équipe et le fruit d’un environnement.

Le lauréat est sélectionné par le comité de DécadréE sur la base de la veille médiatique de DécadréE et des efforts observés pour l’amélioration du traitement médiatique des violences sexistes.

Journaliste

Le prix du jury est décerné à un-e journaliste à travers une de ses productions. Il récompense la qualité du sujet et son originalité et met en avant les aspects liés à la sensibilisation des articles.

Le jury 2020

Vuille Valérie
Directrice de décadréE

Romaine Jean
Ancienne journaliste et conseillère en communication

Héloïse Roman
Responsable égalité à la Ville de Genève

Annick Dubied
Directrice de l’Académie de journalisme de l’Université de Neuchâtel

Maribelle Rodriguez
Directrice du bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes du Canton de Vaud

Lauréat 2020

Prix de la rédaction

Le Temps

Remise du prix femmes et médias
Salle du grand conseil
Prix Décadrée contre la culture du Viol, Prix de la rédaction, Le Temps
Neuchâtel, le 16 septembre 2020
Photo: David Marchon

Prix du/de la journaliste

Sylvia Revello, pour l’article « Quand l’accouchement vire au cauchemar »

Remise du prix femmes et médias
Salle du grand conseil
Prix Décadrée contre la culture du viol, Sylvia Revello
« Quand l’accouchement vire au cauchemar »
Neuchâtel, le 16 septembre 2020
Photo: David Marchon

Violences sexistes – Ne pas tomber dans la déresponsabilisation

En août 2018, 5 femmes ont été tabassées en pleine rue. Le procès débutera aujourd’hui à Thonon-les-Bains.

L’affaire a suscité beaucoup d’émotions. Il est cependant important de faire attention aux choix des mots et notamment à la façon de qualifier les prévenus afin de ne pas tomber dans la déresponsabilisation.

Faire attention au choix des mots

Il est important d’utiliser un vocabulaire clair et précis. Décrivez les faits par le vocabulaire utilisé par les associations et non pas un vocabulaire de l’amour, de la passion ou de la sauvagerie.

Révéler la diversité des agresseurs

Il est important de ne pas tomber dans le mythe du parfait agresseur. Il ne faut pas accentuer les traits de l’agresseur ou justifier son acte par la maladie, la dépendance ou l’émotion. Attention également à ne pas tomber dans l’animalisation.

Montrer le caractère social des violences

Les violences sexistes sont un fait de société. Il est important de le montrer en utilisant des statistiques et en visibilisant le système qui contribue à les justifier.

Décryptage – Statistiques et Confinement

Emprise et conflit au temps du Covid’19

En ces temps de confinement, les solutions d’aide aux victimes sont en état d’alerte et les messages fleurissent sur les réseaux sociaux. Le confinement est en effet une situation critique dans le cadre des violences au sein des foyers. Il est cependant important de distinguer conflit et violence.

Le conflit est un phénomène normal dans le couple : il indique aux partenaires qu’une insatisfaction ou un problème émerge et qu’il convient de le résoudre.

La violence  au contraire, vise à contrôler et contraindre le ou la partenaire en abusant de sa force ou de son pouvoir, afin de résoudre la situation à son seul profit.

Violence symétrique 

  • La relation est symétrique
  • La violence est réciproque
  • Les acteurs et actrices en sont conscient-es, la violence est reconnue
  • Ils et elles en parlent, c’est public
  • L’identité de chacun-e est préservée
  • Disposition à accepter une intervention professionnelle
Violence sexiste
(dite complémentaire)
  • La relation est complémentaire, non égalitaire
  • Une personne inflige un châtiment, une punition à l’autre
  • La violence est  non réciproque
  • L’auteur-e revendique le droit d’agir ainsi
  • C’est une violence intime, secrète, en huis clos
  • Séquelles profondes, estime de soi brisée chez la victime
  • Faible conscience chez l’auteur-e d’exercer de la violence et absence d’agressivité chez la victime face aux actes de violence
  • Refus de toutes interventions professionnelles

Utiliser les mots justes pour ne pas minimiser et comprendre les mécanismes permettront de mieux appréhender les problèmes et les solutions.

Nous vous invitons ainsi à visibiliser les ressources d’aides afin que chaque personne puisse être accompagnée.

Statistique policière de la criminalité 2019 – le haut de l’iceberg

63% des homicides en Suisse en 2019 se situaient dans le cadre de la violence domestique, 30% (14) étaient des féminicides ! Plus encore, les viols constituent près de la moitié (47%) des violences graves perpétrées en Suisse.

Si ces chiffres de l’Office fédéral des statistiques révèlent déjà l’ampleur du phénomène, ils ne représentent cependant pas l’entière réalité des violences, mais uniquement le haut de l’iceberg. Nombreuses sont en effet les violences qui ne sont pas dénoncées.

La victime n’a parfois pas conscience qu’elle subit des violences ou a honte, d’autres fois la violence n’est pas elle-même légalement considérée et n’apparait pas dans les statistiques policières.

Nous souhaitons ainsi rappeler qu’en Suisse la définition du viol est encore très restrictive et ne prend en compte qu’une infime partie des violences sexuelles. De plus, nombreux sont les violences ordinaires quotidiennes, le harcèlement professionnel ou dans la rue, les insultes,  les images, les gestes et les blagues qui contribuent aux systèmes sans pour autant être ici visibilisés.

 

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