Catégorie : L’INSTITUT
Journalista, réseau romand pour l’égalité dans les médias
Journalista, réseau romand pour l’égalité dans les médias
Communiqué de presse: Information sous embargo jusqu’au 9 décembre à 10h
Un journalisme sans biais de genre et des rédactions respectueuses de chaque personne: c’est ce que souhaite Journalista, nouveau réseau romand pour l’égalité dans les médias. Le 11 décembre prochain, une séance informative permettra aux intéressées de nous rejoindre.
Harcèlements au sein des rédactions, discriminations salariales, traitement des actualités inégalitaires, les médias ne font pas office de bon élève lorsque l’on parle d’égalité. Mais la société est-elle inégalitaire à cause des médias ou les médias sont-ils inégalitaires à cause de la société?
Face à ces constats, un groupe de neuf journalistes, expertes en médias ou en questions de genre planchent depuis le début de l’année sur la création d’un nouveau réseau romand: Journalista.
Né de la rencontre de ces neuf femmes dans le cadre d’activités de l’association DécadréE, le réseau a pour but de proposer un journalisme sans biais de genre. Il souhaite également trouver des solutions pour que les rédactions s’inscrivent dans une dynamique collective respectueuse de chaque personne.
Journalista s’adresse aux journaliste-x-s dans le domaine ainsi qu’aux étudiante-x-s. Nous choisissons la non-mixité afin d’offrir un espace de dialogue et des outils concentrés sur le besoin et le vécu des femmes et des minorités. Nous sommes cependant persuadé-e-x-s que l’égalité se construit dans l’inclusion de chaque personne.
Des chiffres accablants
Les affaires de harcèlements qui secouent la RTS puis la déferlante de témoignages sur le compte Instagram #Swissmediatoo nous ont confortées dans la nécessité de lancer le réseau rapidement afin de trouver ensemble de nouveaux chemins vers l’égalité.
- Les femmes ne sont que 24% des personnes entendues à la radio, citées dans la presse écrite et vues à la télévision[1] en Suisse et dans le monde. Tant que ce chiffre n’atteindra pas les 50%, estimera que les médias ne représentent pas la réalité.
- La prédominance des hommes dans l’élaboration et la couverture de l’agenda de l’information persiste, malgré le fait que, dans la plupart des 11 pays étudiés, les femmes représentent près de la moitié du nombre de journalistes. [2] En Europe également, les femmes représentent 44% des salarié-e-x-s et seulement 25% des postes dirigeants. Journalista se bat pour que la parité soit atteinte à tous les échelons.
- Si aucune étude détaillée n’existe sur le monde des médias, l’écart salarial entre les femmes et les hommes dans le secteur public et privé ensemble était encore de 11,5% en 2018[4] en Suisse. Journalista se bat pour l’équité salariale.
- 50% des journalistes féminines ont déjà été harcelées sur leur lieu de travail. Journalista combat toute forme de harcèlement en entreprise.
- En 2015, seuls 5% des reportages abordaient la question de l’égalité entre les femmes et les hommes et 3% remettaient en cause les stéréotypes de genre[6]. Journalista combat la banalisation de la violence faite aux femmes dans les médias et souhaite renforcer la formation et la sensibilisation au sein de la profession.
Pour que ça change!
Le réseau propose des espaces de dialogues informels aux membres, leur met à disposition des outils et des informations, organise des formations sur la thématique de l’égalité à destination du réseau et des journalistes et met en place un espace de mentorat et d’échanges pour aider et promouvoir les jeunes journalistes.
Intéressées à nous rejoindre ou simplement à en savoir un peu plus? Il vous suffit de vous connecter à notre prochaine séance virtuelle mensuelle, le 11 décembre prochain entre 12h et 14h. Ecrivez-nous un email à info@journalista.ch.
Les fondatrices,
Valérie Vuille, Julie Bianchin, Jade Albasini, Laure Gabus, Delphine Sage, Alice Randegger, Pauline Vrolixs, Vicky Huguelet et Lynn Bertholet.
Site internet: www.journalista.ch
Contacts:
Vicky Huguelet, porte-parole de Journalista : +41 79 659 30 63 / v.huguelet@bluewin.ch
Valérie Vuille, directrice de DécadréE , +4176 567 03 23 / valerie.vuille@decadree.com
Julie Bianchin, responsable des réseaux sociaux : j.bianchin27@gmail.com
[1] Projet mondial de monitorage des médias, 2015.
[2] Etude de l’Observatoire européen du journalisme, 2018.
[3] Rapport de l’Union européenne de radio-télévision, 2019.
[4] Office fédéral de la statistique, 2018.
[5] Sondage de Tamedia auprès de journalistes suisses, 2019 Une enquête menée par la Fédération internationale des journalistes en 2017 arrive au même résultat.
[6] Rapport de la commission pour l’égalité de genre et du comité directeur sur les médias et la société de l’information du Conseil de l’Europe, 2020.
Prix décadréE 2020 contre la culture du viol
Deux prix pour récompenser le traitement médiatique adéquat des violences sexistes
Un regard neutre et objectif et une enquête bien menée participent à briser la culture du viol et à sensibiliser la population. Avec ces prix, nous voulons prouver qu’un traitement médiatique adéquat des violences sexistes est possible et qu’il va de paire avec un journalisme de qualité.
Rédaction
Le Prix « rédaction » récompense une rédaction pour ces efforts pour l’égalité et le bon traitement des violences sexistes dans son entier, car nous savons qu’un article est un travail d’équipe et le fruit d’un environnement.
Le lauréat est sélectionné par le comité de DécadréE sur la base de la veille médiatique de DécadréE et des efforts observés pour l’amélioration du traitement médiatique des violences sexistes.
Journaliste
Le prix du jury est décerné à un-e journaliste à travers une de ses productions. Il récompense la qualité du sujet et son originalité et met en avant les aspects liés à la sensibilisation des articles.
Le jury 2020
Vuille Valérie
Directrice de décadréE
Romaine Jean
Ancienne journaliste et conseillère en communication
Héloïse Roman
Responsable égalité à la Ville de Genève
Annick Dubied
Directrice de l’Académie de journalisme de l’Université de Neuchâtel
Maribelle Rodriguez
Directrice du bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes du Canton de Vaud
Lauréat 2020
Prix de la rédaction
Le Temps

Salle du grand conseil
Prix Décadrée contre la culture du Viol, Prix de la rédaction, Le Temps
Neuchâtel, le 16 septembre 2020
Photo: David Marchon
Prix du/de la journaliste
Sylvia Revello, pour l’article « Quand l’accouchement vire au cauchemar »

Salle du grand conseil
Prix Décadrée contre la culture du viol, Sylvia Revello
« Quand l’accouchement vire au cauchemar »
Neuchâtel, le 16 septembre 2020
Photo: David Marchon
DécadréE x Les Intégrales – Atelier performatif sur le sexisme en pub
DécadréE x Les Intégrales – Atelier performatif sur le sexisme en pub
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Dans le cadre du festival SpielAct, DécadréE collabore avec Les Intégrales pour mettre en place un atelier performatif intitulé « Quand les publicités prennent vie… ». Cet événement sera composé de discussions et de performances participatives !
Rendez-vous à l’éco-quartier de la Jonction le samedi 3 octobre de 11h00 à 13h00 !
Rapport sur le traitement médiatique des violences sexistes 2020
Rapport sur le traitement médiatique des violences sexistes 2020
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Invitation à la conférence de presse
Sortie de l’étude menée par DécadréE qui porte sur le traitement médiatique des violences sexistes en Suisse Romande.
Nous avons le plaisir de vous inviter à une conférence de presse qui se déroulera
Le 15 septembre 2020
Dans les locaux de F-information (67, rue de la Servette, 1202 Genève, 1er étage)
à 10 heures
En présence de
Valérie Vuille, Directrice de DécadréE
Paloma Lopez, Présidente de DécadréE
Alfonso Gomez, Conseiller administratif en Ville de Genève
Fanny Vella, Autrice de la BD le Seuil, éd. Big Pepper
Lors de cette conférence de presse, nous vous présenterons les résultats de l’étude de DécadréE portant sur le traitement des violences sexistes de 11 rédactions entre février 2019 et février 2020. Nous vous présenterons aussi l’exposition accompagnant la sortie du rapport et basée sur le travail de Fanny Vella.
A la suite de la conférence, vous aurez la possibilité d’interviewer les personnes présentes et de suivre une visite guidée de l’exposition par l’autrice elle-même et la directrice de DécadréE, Valérie Vuille.
Pour des raisons sanitaires, nous vous remercions de vous inscrire à valerie.vuille@decadree.com avant le 14 septembre 12h.
Une rediffusion de la conférence via un facebook live est prévu sur la page de DécadréE.
Ce projet est possible grâce au soutien des partenaires du projet : La Ville de Genève, le Canton de Genève, le Canton de Vaud ainsi que le Canton du Valais.
Contact :
Valérie Vuille, Directrice de DécadréE
076 567 03 23
Plus d’informations sur la recherche et le projet : https://decadree.com/recherche/#1660808077348-804cad54-8785d21a-53f8
Sexiste la pub ? Apprendre à décrypter les images (atelier ado)

DécadréE organise un atelier de décryptage de publicités (spécial ado) lors du festival Alternatiba Léman.
Rendez-vous le 26 septembre de 15h à 16h30 dans le parc des Bastions !
Pour l’événement Facebook, cliquez ici.
L’atelier adulte aura lieu de 13h à 14h30.
Le port du masque est obligatoire pour toute personne de plus de 12 ans, conformément aux directives sanitaires en vigueur en cas de manifestation.
Plainte contre une publicité sexiste

En mars passé, des partenaires de DécadréE nous ont transmis une publicité vue dans l’espace public qui les interpellait. Nous l’avons jugé sexiste et nous avons alors décidé de porter plainte auprès de la commission suisse pour la loyauté, car nous pensions qu’elle était contraire à la règle n°B.8 portant sur les discriminations basées sur le genre.
Nous trouvions que la publicité était une atteinte à la dignité de la personne qui était objetisée.
Au mois de mai, la commission suisse pour la loyauté, après avoir entendu les arguments de l’entreprise annonceuse, nous a donné raison et a qualifié la publicité de déloyale en fonction de la règle n°B.8.
Si vous trouvez une publicité sexiste, vous pouvez nous écrire : info@decadree.com
Violences sexistes – Ne pas tomber dans la déresponsabilisation

En août 2018, 5 femmes ont été tabassées en pleine rue. Le procès débutera aujourd’hui à Thonon-les-Bains.
L’affaire a suscité beaucoup d’émotions. Il est cependant important de faire attention aux choix des mots et notamment à la façon de qualifier les prévenus afin de ne pas tomber dans la déresponsabilisation.
Faire attention au choix des mots
Il est important d’utiliser un vocabulaire clair et précis. Décrivez les faits par le vocabulaire utilisé par les associations et non pas un vocabulaire de l’amour, de la passion ou de la sauvagerie.
Révéler la diversité des agresseurs
Il est important de ne pas tomber dans le mythe du parfait agresseur. Il ne faut pas accentuer les traits de l’agresseur ou justifier son acte par la maladie, la dépendance ou l’émotion. Attention également à ne pas tomber dans l’animalisation.
Montrer le caractère social des violences
Les violences sexistes sont un fait de société. Il est important de le montrer en utilisant des statistiques et en visibilisant le système qui contribue à les justifier.
Décryptage – Statistiques et Confinement
Emprise et conflit au temps du Covid’19

En ces temps de confinement, les solutions d’aide aux victimes sont en état d’alerte et les messages fleurissent sur les réseaux sociaux. Le confinement est en effet une situation critique dans le cadre des violences au sein des foyers. Il est cependant important de distinguer conflit et violence.
Le conflit est un phénomène normal dans le couple : il indique aux partenaires qu’une insatisfaction ou un problème émerge et qu’il convient de le résoudre.
La violence au contraire, vise à contrôler et contraindre le ou la partenaire en abusant de sa force ou de son pouvoir, afin de résoudre la situation à son seul profit.
Violence symétrique
- La relation est symétrique
- La violence est réciproque
- Les acteurs et actrices en sont conscient-es, la violence est reconnue
- Ils et elles en parlent, c’est public
- L’identité de chacun-e est préservée
- Disposition à accepter une intervention professionnelle
(dite complémentaire)
- La relation est complémentaire, non égalitaire
- Une personne inflige un châtiment, une punition à l’autre
- La violence est non réciproque
- L’auteur-e revendique le droit d’agir ainsi
- C’est une violence intime, secrète, en huis clos
- Séquelles profondes, estime de soi brisée chez la victime
- Faible conscience chez l’auteur-e d’exercer de la violence et absence d’agressivité chez la victime face aux actes de violence
- Refus de toutes interventions professionnelles
Utiliser les mots justes pour ne pas minimiser et comprendre les mécanismes permettront de mieux appréhender les problèmes et les solutions.
Nous vous invitons ainsi à visibiliser les ressources d’aides afin que chaque personne puisse être accompagnée.
Statistique policière de la criminalité 2019 – le haut de l’iceberg
63% des homicides en Suisse en 2019 se situaient dans le cadre de la violence domestique, 30% (14) étaient des féminicides ! Plus encore, les viols constituent près de la moitié (47%) des violences graves perpétrées en Suisse.
Si ces chiffres de l’Office fédéral des statistiques révèlent déjà l’ampleur du phénomène, ils ne représentent cependant pas l’entière réalité des violences, mais uniquement le haut de l’iceberg. Nombreuses sont en effet les violences qui ne sont pas dénoncées.
La victime n’a parfois pas conscience qu’elle subit des violences ou a honte, d’autres fois la violence n’est pas elle-même légalement considérée et n’apparait pas dans les statistiques policières.
Nous souhaitons ainsi rappeler qu’en Suisse la définition du viol est encore très restrictive et ne prend en compte qu’une infime partie des violences sexuelles. De plus, nombreux sont les violences ordinaires quotidiennes, le harcèlement professionnel ou dans la rue, les insultes, les images, les gestes et les blagues qui contribuent aux systèmes sans pour autant être ici visibilisés.




